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Critique d'X-Men Origins : Wolverine
Univers : X-Men

Posté le Samedi 06 Mars 2010.
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SPOILERS

En effet, Wolverine le film n’apporte rien de plus que ce qui a déjà été fait il y a presque dix ans par Bryan Singer. Si on devait lui trouver un parent, cela serait plutôt du côté de Brett Ratner, responsable d’X-Men 3 : The Last Stand. Alors non, le film n’est pas si terrible que ce dernier. Mais c’est normal : Wolverine se concentre sur son personnage titre, au contraire d’X3 qui avait l’ambition de parler de tous les mutants et qui au final parlait dans le vide avec un flot de parole pas bien intéressant et à peine audible. C’est pourquoi la première partie de Wolverine est intéressante. On s’attache au personnage, on l’iconise au maximum dans un générique de toute beauté, on prend plus ou moins son temps pour raconter l’histoire même si on a la terrible sensation qu’il y a eu pas mal de coupes par le studio. On peut regretter le pré-générique pas bien fameux (trop court) et les ellipses un peu trop importantes (hop, Stryker propose à Wolvie et son frère de le rejoindre, et hop la seconde d’après il est dans l’hélicot avec quinze mutants ; hop, Wolvie dit qu’il abandonne, et hop on le retrouve le plan d’après six ans plus tard dans la montagne au Canada, profondément épris d’une belle femme qui est censée nous émouvoir). Mais à part ça, le film respecte à peu près ses engagements et nous tient éveillé et intéressé (mais rassurez vous, cela ne va pas vraiment durer.). Parce que cette partie recèle de moments de bravoure : parlons de l’intrusion de l’équipe de Stryker dans le bâtiment abritant des trafiquants de diamants. C’est l’occasion pour Gavin Hood de nous présenter tous les super-pouvoirs des mutants et autant le dire clairement, c’est jouissif. Le réalisateur nous offre des scènes d’action véritablement fun (Zero qui se prend pour Neo de Matrix, Wade pour un Jedi arrêtant les balles avec ses sabres), des moments drôles (l’ascenseur), tout cela porté par des personnages « bad ass » (terme à la mode), dans un esprit de « rien à foutre », décomplexé et détaché. Bref, c’est le Wolverine qu’on aime. Niveau émotion, la relation entre Logan et son frère Victor est bien amenée même si trop rapide et prévisible pour que l’on puisse vraiment s’attacher aux enjeux de ce duel entre frères ennemis (car n’oublions pas de préciser que tout le générique ne fait qu’appuyer à outrance la différence entre les deux frangins). Nous retiendrons particulièrement la scène où Wolverine quitte l’équipe et son frère par la même occasion (c’est à se demander pourquoi il ne l’a pas fait avant). Mais rendons à César ce qui est à César, le duo Hugh Jackman/Liev Schrieber est un des points forts du film, très bon dans le registre « frères ennemis ».

Mais le film se gâte lorsque Wolverine cherche sa vengeance. C’est la descente aux enfers. Gavin Hood filme un scénario sans grand intérêt digne d’un jeu vidéo de combat. C’est la sensation que l’on a, chaque rencontre avec un personnage amenant forcément un duel. En effet, Wolverine gravit les échelons pour retrouver Victor et Stryker, et pour ce faire, il doit rencontrer des autres mutants. Bien évidemment, il ne peut pas faire leur connaissance autrement qu’en se battant, quitte à se battre pour rien du tout. Le ridicule atteint des sommets lors d’un combat de boxe amené de manière extrêmement maladroite, pur prétexte pour remplir 3 minutes de pellicules dans la salle de montage et voir Wolverine enfiler des gants de boxe (ah oui chaque occasion de montrer les –techniquement horribles– griffes de notre mutant préféré est utilisée). Ne parlons pas de Gambit qui sert lui aussi de prétexte à un fight mais aussi de raccourci scénaristique honteux lors de la fin pour sauver Wolverine d’une mort certaine (enfin, encore faut-il qu’il puisse mourir), vrai deux ex machina digne des mauvais films d’action des années 90 voire 80.
Je pourrai également mentionner les facilités agaçantes, comme Victor toujours au bon endroit, qui sert surtout à évincer les partenaires potentiels de Logan et à montrer Cyclope quelques minutes… cool.

Cette deuxième partie enchaîne donc les déceptions, après un premier temps plutôt prometteur même si bien parfois trop rapide dans la mise en place des enjeux –mais que voulez-vous, la FOX est connue et reconnue pour ses coupes infligées au réalisateur dans la salle de montage. Banale histoire de vengeance, Gavin Hood et les scénaristes ne sont pas capable d’en faire une histoire efficace et se sentent obliger de s’éparpiller dans des sous-intrigues à peine élaborées, amorcées ET résolues parfois dans la même scène (les motivations de Stryker à peine expliquées en un dialogue et on n’en reparle plus après… quelle blague). Le fait que ces éléments tiennent en une parenthèse dans cette critique sans possibilité d’être développés montre bien à quel point le scénario est creux de ce côté-là.
Malgré tout, la deuxième partie possède des bons moments, à attribuer sans aucun doute à la mise en scène parfois gracieuse de Gavin Hood. Si dans le fond certaines scènes sont inutiles ou carrément affligeante, elles sont sauvées par leur réalisation énergique et souvent classe : les quelques apparitions de Gambit par exemple, le duel (truelle ?) final au bord du réacteur nucléaire (toute ressemblance avec un certain film se passant dans l’espace avec des bonhommes aux sabres laser n’est que pure coïncidence), ou encore l’épilogue baigné dans une jolie lumière. Les quelques scènes de poursuite auraient pu être vraiment réussie si les effets spéciaux n’étaient pas autant foireux (horribles incrustations digne d’un téléfilm !).
Mais c’est à peu près tout ce qu’il y a à sauver. Car le film ne possède aucun fond intéressant, il n’y a pas de thèmes abordés en filigrane qui pourrait rendre la lecture du film à des degrés différents possible. La trilogie X-Men abordait frontalement la question de la différence, de la tolérance avec des références à la Shoah par exemple, et même si X-Men 3 est le moins bon de tous selon l’avis général, il proposait lui aussi de nouvelles choses liées à ce sujet. Wolverine, lui, ne propose rien. Film ultra-linéaire avec un unique degré de lecture, il parvient même à échouer sur l’unique tableau qu’il propose, celui de la vengeance du héros, tant il s’encombre d’intrigues secondaires non exploitées, de mutants figurants, et de twists improbables : c’est dommage, car on sent qu’il y avait du potentiel derrière cette histoire de Silver Fox qui se révèle être avec Stryker depuis le début pour sauver sa sœur. Mais comme la romance a été peu exploitée (la faute des scénaristes, du réalisateur ou du montage de la FOX ? allez savoir), il est impossible d’être véritablement bouleversé par cette révélation. Résultat, on soupire, on tape des pieds et on regarde sa montre en priant pour ne pas assister à une autre révélation inutile et forcée qui rallongerait le film d’un quart d’heure pour finalement ne rien dire.

Pour résumer, Wolverine aurait peut-être gagné à être plus long, non pas pour rajouter des scènes d’action, au contraire, mais plutôt pour mieux poser les bases d’une histoire qui impliquerait réellement le spectateur. Au lieu de faire 5 minutes sur le passé du personnage et 30 minutes sur le lien entre ce film et les autres X-Men (intervention dispensable de Professeur Xavier, d’ailleurs), il aurait peut-être fallu fonder le film entièrement sur la période pré-Wolverine du personnage (le reste nous est brillamment raconté dans X-Men 2 avec la part de mystère nécessaire, pourquoi se sentir obliger de repasser par là, surtout pour un résultat aussi peu probant que celui présenté ?). Mais que voulez-vous, tant que les studios préfèreront se reposer sur un acquis commercial sans prise de risque, nous aurons droit à d’autres films de ce genre, en espérant que le spin-off sur Magneto ne soit pas un gâchis encore plus important. En attendant, nous pouvons nous tourner vers les futurs spécimens de l’évolution du comic book movie par les studios Marvel et Warne Bros : Iron Man 2 pour le premier, et Green Lantern pour le second. Des films qui, espérons le, nous montreront que Iron Man et Batman Begins n’étaient pas des accidents.
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